CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’IRSN -23/10/2007- DECLARATION DES ORGANISATIONS SYNDICALES
Publié par claude dans IRSNCONSEIL D ‘ADMINISTRATION DE L’IRSN
SEANCE DU 23 OCTOBRE 2007
DECLARATION DES ORGANISATIONS SYNDICALES
ZERO, VIRGULE, TRENTE CINQ POUR CENT : C’est l’augmentation générale des salaires attribuée à l’IRSN pour l’année 2007. En moins de 5 ans (de janvier 2003 à août 2007) l’indice INSEE des coûts à la consommation montre une hausse de 8,7%, alors que sur cette période, et jusqu’à fin 2007, les augmentations générales auront à peine atteint 4,2%. La dégradation du pouvoir d’achat s’amplifie à l’IRSN.
A plusieurs reprises, sous diverses formes, nous avons alerté la direction, le conseil d’administration et les pouvoirs publics, sur les conséquences qu’entraîne cette politique salariale (démotivation, difficultés d’embauche, démissions qui s’accélèrent).
Rien n’y fait. La cécité de nos ministères est totale. La réponse du ministère du budget, à notre courrier du 19 juillet sollicitant un entretien sur ce sujet, est révélatrice :
– Tout d’abord, refus de nous recevoir et renvoi de la balle dans le champ des négociations entre direction et organisations syndicales où en fait rien de plus ne peut être négocié puisque l’enveloppe globale « augmentations générales + augmentations individuelles » est imposée par ce ministère du budget.
- Silence sur les conclusions de l’étude salariale, réalisée en 2005 à la demande du conseil d’administration, montrant l’insuffisance des salaires pour un institut comme l’IRSN et la nécessité de prendre en compte la spécificité de la structure de ses effectifs. En effet, alors que les effectifs de l’IRSN comportent une part nettement plus grande de jeunes en âge et en ancienneté que ceux des autres EPICS, Bercy lui accorde aveuglément la même enveloppe globale, comme par exemple au CEA où le déséquilibre dans la pyramide des âges est inversé. Pourtant, le ministre du budget connaît bien cette étude, notamment quand il s’agit de justifier la non prorogation de l’accord CAPRON à l’IRSN alors qu’il a été prorogé au CEA .
– Pour le ministère du budget, la part réduite disponible pour les mesures générales est due à la part élevée des mesures individuelles qui ont pour finalité de mieux appréhender la performance individuelle. Voilà bien une vision réductrice des activités de l’IRSN. Nous rappelons que la qualité des travaux de l’IRSN et la capacité d’assurer ses missions reposent en très grande partie sur une compétence et un travail collectifs. Dire cela n’est pas contester une juste récompense du mérite, mais c’est signifier que les mesures salariales ne peuvent se réduire à la simple reconnaissance de la performance individuelle, car à l’IRSN personne ne travaille tout seul.
- Pour le ministère du budget enfin, « il n’appartient pas aux seules mesures générales de compenser l’inflation ». Doit-on comprendre que les seules perspectives d’évolution proposées aux salariés de l’IRSN sont de maintenir au fil des ans un pouvoir d’achat identique à celui qu’ils avaient à leur entrée à l’IRSN, si toutefois leur performance individuelle est prise en compte ? Quid de l’évolution de carrière, qui fait que, compte-tenu de la technicité et de l’expérience acquises, un salarié expérimenté n’est pas censé être payé comme un salarié débutant ?
De plus, la valeur du point, liée aux augmentations générales, dévalue le niveau des salaires proposés à l’embauche, avec toutes les conséquences que cela suppose pour le maintien et le renouvellement des compétences dans l’institut.
Beaucoup d’efforts sont fournis par les salariés de l’IRSN depuis sa création, comme l’illustre l’obtention récente de la certification ISO 9001.
Que ce soit dans les domaines de la recherche, de l’intervention ou de l’expertise, le personnel de l’IRSN a répondu présent aux missions qui lui sont confiées. Il manifeste aujourd’hui son profond mécontentement et demande que ce travail soit reconnu. Et reconnu autrement que par des mots, mais par des actes en termes de mesures salariales reposant sur une enveloppe suffisante et adaptée à la réalité de la structure des effectifs de l’institut.
C’est pourquoi, monsieur le représentant du gouvernement, monsieur le représentant du MEDAD, mesdames, messieurs les administrateurs, nous vous demandons de vous engager dès à présent sur les deux actions concrètes suivantes :
- recevoir une délégation des Organisations Syndicales de l’IRSN, au MEDAD et au ministère du budget, des comptes publics et de la fonction publique,
- prendre en compte la spécificité de la structure des effectifs de l’IRSN, notamment dans l’encadrement de la RMPP dès 2008.
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24 octobre 2007 à 16:05
Qui vous dit que les « démotivation, difficultés d’embauche, démissions qui s’accélèrent », ce n’est pas précisément ce qu’ils cherchent? N’est-ce pas ainsi que l’on se débarasse d’agents du secteur public que l’on ne peut facilement licencier?
Avec le traité européen simplifié, que notre Président fera ratifier par le parlement sans consultation de la population, le service public devra s’ouvrir à la libre concurrence. Tout cela va dans le même sens…